Nathalie Arthaud, de Lutte Ouvrière (LO) à l'élection présidentielle de 2027, prononce un discours lors du lancement de sa campagne à Presles dans le Val-d'Oise le 24 mai 2026 ( AFP / STEPHANE DE SAKUTIN )
Candidate de Lutte Ouvrière (LO) à la présidentielle pour la quatrième fois, Nathalie Arthaud a rejeté dimanche l'idée d'un front républicain contre le Rassemblement national en 2027, affirmant que le "cirque électoral" est "la principale source de désorientation politique des travailleurs".
"Beaucoup se disent déjà qu'il faudra faire barrage au Rassemblement national. Mais ce n'est pas en jouant le jeu du cirque électoral que l'on fera obstacle aux politiques d'extrême droite", a lancé la porte-parole de LO lors de la fête annuelle du parti d'extrême gauche à Presles (Val-d'Oise).
Ciblant dans son propos l'actuel ministre de la Justice Gérald Darmanin et l'ex-ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau (par ailleurs candidat désigné des Républicains pour la présidentielle), Mme Arthaud a estimé que le gouvernement avait "déjà épousé une grande partie de la politique de (Marine) Le Pen et de (Jordan) Bardella".
La figure principale de LO a dénoncé de "véritables rafles au RER et au métro", et accusé les préfectures de "transformer en enfer le renouvellement des cartes de séjour". Tout l'inverse de ce qu'elle prône en matière d'immigration, à savoir la régularisation de tous les sans-papiers et la "liberté de circulation et d'installation pour chaque être humain", à l'opposé d'une "Europe forteresse".
Nathalie Arthaud, de Lutte Ouvrière (LO) à l'élection présidentielle de 2027, prononce un discours lors du lancement de sa campagne à Presles dans le Val-d'Oise le 24 mai 2026 ( AFP / STEPHANE DE SAKUTIN )
Des points qui pourraient la rapprocher d'autres candidats de gauche ; mais Mme Arthaud a plutôt pris ses distances avec le Parti communiste et La France insoumise: "Nous partageons bien des colères, mais dans une perspective très différente", a-t-elle expliqué, précisant que LO ne cherche pas "la meilleure façon de gérer le capitalisme", mais son renversement, ce qui passe par "l'expropriation de la grande bourgeoisie" et "la propriété commune des moyens de production".
Un programme ouvertement révolutionnaire, pour celle qui assume que sa candidature sert à "faire connaître" les idées du parti trotskiste, mais pas à conquérir le pouvoir par les urnes, car les gouvernants "ne peuvent pas changer la nature guerrière et barbare du capitalisme".

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